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Pour le plaisir du coeur , de l'âme , des yeux...

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Les saisons

L'automne reste pour moi la saison des hirondelles sur les fils .

Je les vois aux premiers froids , sérrées les unes contre les autres , patientes  dans leur rassemblement touchant , silencieuses , le plus souvent , dans le brouillard du matin .

Une sorte de mélancolie émane d'elles , celle de l'été enfui , des départs quotidiens pour le travail ...

Ces rassemblements durent huit jours , puis elles sont de moins en moins nombreuses , et , un matin , il n' y en a plus   .

Elles sont parties vers des cieux inconnus .

 

Les feuilles tombent en leur abscence .

Après avoir viré du vert à l'or puis à la rouille , elles tourbillonnent dans le vent , forment des tapis que mes pieds  dispersent , lors de mes marches ,et les arbres  retrouvent peu à peu leur noirceur qui semble avoir été  dessinée à l'encre de Chine .

 

 

Mais l'automne , c'est aussi souvent de grands remuements de nuages au ventre d'ardoise , des pluies qui ressemblent à d'autres pluies ou , un matin , des frises de gel sur les talus .

 

 

 

Le soleil a perdu de sa superbe .

Sa lumière , subitement ternie , assombrit plus qu'elle ne l'éclaire un monde plein de barriques et d'alcools chauds , des après-midi lourds et sombres qui pétrifient dès cinq heures du soir .

Bientôt vient l'hiver , pieds nus , le long des chemins .

Il surgit un matin , blanc de gel , poussé par le vent du nord .

Comme aujourd'hui , comme toujours , depuis toujours .

 

 

C'est dans la nuit que tout se passe : la lumière des étoiles  durcit , une cloche de verre se forme sous le ciel, le froid s'abat sur la terre qu'il enserre dans sa main de fer .

La neige tarde parfois , mais février la rappelle à ses devoirs .

Vous souvenez vous des grands froids de l'année 1956 ? mes parents me racontent (j'avais 2 ans !!) , la température polaire , d'un air transparent qui griffait la peau , des oiseaux morts sur les chemins , des branches des arbres qui craquaient dans la nuit , déchirant le silence interminablement , des conduites d'eau explosant sous la terre  durcie , du temps suspendu , des routes désertes , comme si les hommes subitement , étonnés d'être vivants , guettaient des signes .

 

 

Un hiver des années quatre-vingt lui a ressemblé .

Moins vingt degrés sur la terrasse! ou presque ...

Il fallut protéger les tuyauteries  à l'intérieur des maisons , marcher avec des après-skis pour ne pas glisser sur la neige gelée .

Quel bonheur !

Le monde était enfin pris en considération.

Ses manifestations  retrouvaient la place qu'elles auraient dû  occuper , c'est-à-dire la première .

Les gestes des hommes étaient retenus , figés par le froid , et les secondes s'étaient arrêtées de couler .

Une nouvelle ère s'ouvrait , où seul le feu autorisait la vie , et l'on n'était plus certains de savoir ce dont demain serait fait .

 

 

 

Vite , que reviennent ces hivers là, frissonnant de glace et de gel , leurs arabesques sur les vitres , leur ciel de verre , leur vent féroce et la sensation délicieuse  de refuge qu'ils dispensent à l'entrée des maisons !

 

Ces hivers-là , le vent du printemps tarde à les chasser .

Ils durent parfois jusqu'en avril ou en mai , mais ils peuvent se briser en une nuit , au premier vent du sud .

Alors la terre se réchauffe et l'herbe s'ameublit .

Très vite les premières fleurs éclosent puis les bourgeons s'ouvrent , criblant de pointes vertes les arbres qui se balancent .

 

 

 

Il faut peu de temps à la terre pour se gonfler d'une opulence qui la rend grosse comme une femme sur le point de mettre au monde son enfant .

 

 

Elle rayonne d'une beauté que le mois d'août , seul , ternira .

 Surtout si la canicule s'installe , écrasant les hommes et les arbres , laissant couler le plomb fondu d'un soleil que rien ne voile .

J'aime les longs après-midi d'été , sous l'ombre fraîche des sapins , quand tout se tait , même les oiseaux , que rien ne bouge , que les vagues de l'air ondulent comme des serpents monstrueux ,que le temps n'est plus qu'attente du soir .

 

 

 

Et ces orages superbes et terrifiants qui roulent leurs tambours pendant des nuits entières ?

J'en ai un peu la "pétoche "!!eux aussi me rendent précieux l'abri de la maison , ils me rappellent la primauté du monde sur les hommes et insinuent en moi la pensée confuse d'un danger séculaire .

Les éclairs ouvrent des routes dans le ciel , le relient à la terre , et je me dis qu'enfin ils ne font qu'un , ce que je crois profondément ....

 

 

 

Les hommes retrouvent leur vraie place , qui n'est pas la première .

En s'éloignant , l'orage rappelle de loin en loin cette vérité :n'oubliez pas que cette terre qui vous porte pourrait très bien se passer de vous .

Vous n'en êtes que les locataires provisoires.

Fragiles et mortels , vous ne serez jamais heureux que du souvenir du bonheur .

 

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V
je "fête" ton sacre avec un jus d'orange, tu es la grande prétresse de cette magnifique région, que j'apprends à connaitre grâce à ton blog !!!!!!!comme il doit être bon de se mettre autour de ta cheminée , en dégustant des châtaignes grillées..............bisous
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