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Pour le plaisir du coeur , de l'âme , des yeux...

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LA MER

Quand j'écris "la mer " je veux dire "l'océan ".

La Méditerranée , en effet , n'a jamais eu pour moi l'attrait de l'Atlantique découvert dès ma naissance , sur les plage de Gironde , où soufflait un vent inconnu , à la fraîcheur de grand large .

Je me souviens partir en grandes vacances avec mes parents dans la r8 rouge qui nous conduisait vers les vastes plages à peine aménagées , où j'ai fait connaissance avec la beauté , la violence et la froideur des vagues .

Dés que les valises étaient rangées , je courais vers elles et elles me renversaient , me roulaient jusqu'au rivage , où je me redressais , le souffle coupé ,éblouie et heureuse

Je n'ai rien oublié de ces rencontres avec un monde sauvage, à l'état brut , de l'eau salée dans ma bouche , dans mes yeux , de cette immensité que l'horizon ne limitait qu'à peine .

J'avais dès le premier jour acquis la certitude que ce contact m'était précieux , me révélait un monde différent de celui que je connaissais , mais qui n'en était pas moins indispensable à ma vie .

 

Ensuite , j'ai fait à l'Océan quelques infidélités ; pour les plages plus humaines de Méditerranée .

Brûlure du soleil , certaine manière de vivre et d'être au monde ...

Les cyprès et les pins murmuraient dans un vent d'une grande douceur , mais en bas , sur les plages , l'air , plus épais , saturé de soleil , s'acharnait sur des milliers de corps allongés sur le sable .

La mer ne représentait pas la nature , sauvage et essentielle , que je recherchais , mais la civilisation des loisirs surpeuplés , celles des fausses routes vers le bonheur .

Car le vrai bonheur nécessite un minimum de solitude , afin de se trouver soi-même , de rencontrer l'être qui est en nous ,celui que rien ni personne n'a modelé - celui qui se souvient d'où il vient et qui il est réellement ...

Aussi tous les ans je reprends la route des grandes plages , maintenant avec mes enfants ,celles où les vagues ont gardé leur force primitive .

 

Pour accéder à "ma " plage de Montalivet , il faut prendre un chemin étroit entre les grands pins magnifiques ( ceux , qui viennent de tant souffrir de la tempête Klaus ...) , qui sentent bon et se balancent dans une ombre d'une exquise fraîcheur .

Et , d'un coup, à la lisière de ces bois , s'ouvre une immensité rebelle et violente , dont les vagues battent  furieusement la plage à perte de vue .

J'aime m'y rendre le soir , voir le coucher du soleil ,et y rester jusqu'à la tombée de la nuit .

le ciel et l'océan ne font qu'un ; il n' y a personne à l'horizon du sable , et je sens que se livre là un combat à la mesure de l'univers .

 

Des forces brutes s'affrontent en ces lieux presque déserts , où les rares promeneurs retrouvent leur vraie dimension .

La nuit tombe sur les flots en colère qui s'acharnent en vain sur la terre , à peine retenus par le ciel ensanglanté de ce combat farouche .

 

 

J' y assiste jusqu'au moment où s'allument les premières étoiles , témoins apeurés de cet affrontement titanesque .

Le bruit du vent , des vagues , du ressac me donne conscience d'une petitesse qui , curieusement ,ne m'angoisse pas : elle me renvoie à mon exacte dimension , à une vérité oubliée , d'un monde qui peut très bien se passer des hommes .

Je reviens tous les ans sur cette plage , mais elle a perdu son caractère solitaire et sauvage ..Seul y subsiste le parfum des pins qui veillent toujours au ras des dunes .

 

 

On devine dans l'écume bouillonnante de certains soirs quelque chose de cosmique qui a commencé bien avant nous et qui ne s'achèvera peut-être jamais .

Jeune , je pratiquais un peu le surf ; j'avais établi un vrai contact avec le monde de la mer ;il m'arrivait de traverser à marée basse quelques bancs de sable , loin de la plage surpeuplée , et là , seule au monde , la peau brûlée par le soleil et le sel , je m'allongeais face au ciel .

 

 

Je voyais voler des oiseaux blancs , je n'entendais plus que le vent , je m'enfonçais dans le sable mouillé et me disais que je resterais là jusqu'à ce que la mer remonte et m'engloutisse .

Au loin , la plage couverte d'hommes , de femmes et d'enfants que je n'entendais plus, me paraissait inaccessible , perdue pour moi , à tout jamais .

 

 

Mais je ne résistais pas longtemps à l'idée du danger , de la marée qui s'inversait .

Je repartais , heureuse de ce petit moment passé sur un banc de sable isolé , du soleil plein les yeux , mais surtout comblée d'avoir glissé entre le ciel et l'eau , avec le vent pour seul compagnon .

C'est sur ma vieille planche en bois que je me suis sentie le plus libre , le plus près de la mer et du ciel , et je la regrette un peu aujourdhui, tandis que le goût du sel dans la bouche ,lors de mes baignades , le fer rouge du soleil sur mes épaules , la chanson du vent ne hantent plus que mes souvenirs .

Là je le sais, j'étais au plus près de ce monde que j'aime tant pour ce que Camus appelait " la fête des corps " .

Une manière de se sentir vivante , heureuse dans les bras du vent, les jambes dans l'eau , des gouttes de lumière au bord des cils .

 

 

Là je sentais que la vie, la nôtre comme celle de tous les êtres vivants , était sortie de la mer et qu'elle seule pouvait nous restituer les perceptions lointaines , profondes et oubliées de ce que nous avons connu au commencement des temps ...

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V
vive l'océan !! entièrement d'accord, comme d'habitude !!je vais changer de pseudo, je vais marquer Fidèle !!!!
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