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Pour le plaisir du coeur , de l'âme , des yeux...

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LES PARFUMS

J'adore le parfum des albizias...

J'en ai planté trois à l'entrée de la maison .

Leur suavité me rend la vie plus douce , je ne laisse pas passer un soir , en juin , sans m'approcher pour respirer leurs pompons roses  tandis que la nuit tombe .

Pas loin d'eux , s'épanouit un seringua , lequel fleurit plus tôt.

Il arrive de temps en temps qu'en mai le parfum du seringua se mêle aux fleurs précoces  des albizias.

 

 

 

Ce mélange , je l'appelle le parfum du paradis.

Je guette chaque année une floraison tardive de l'un et une éclosion précoce des autres .

Alors je sais que j'ai à portée de moi un délice de l'odorat , le parfum impossible , celui que nul , à part moi ,ne connaît.

 

 

J'ai déjà évoqué le parfum des foins , de la mousse , du bois qui brûle , des vieux poêles  d'école , de la craie , mais  j'adore aussi celui de l'encens ..

 

 

( je vous recommande le spiritual guide et le bharath darshan ...ils vont vous transporter .....)

Il  me renvoie vers un bonheur plein de mystère , un peu mystique ..

Il me fait m'interroger sur nos vies , me fortifie , m'aide à vivre , comme le parfum de l'écorce des vieux chênes , de la terre retournée , de la poussière des chemins , des pierres chaudes , de ce qui , finalement , est assis sur le roc .

Tout ce qui dure ...

Comme ceux des jardins arrosés les soirs d'été , des prunes chaudes qui ont chu sur le sol et qui pourrissent , accablées d'abeilles .

Ainsi que ceux des tilleuls , des sureaux , des grains de blé , des maïs , des granges encore chaudes  que l'on rencontre lors de nos ballades , des bêtes parties au pré .

 

 

Ce n'est pas le cas du parfum des greniers , de leur sécheresse , de leurs mouches mortes contre les vitres , des vieux objets qui ne serviront plus , de leur poussière , de fleurs mises à sécher .

 

 

Voilà un parfum qui évoque ce qui ne dure pas , ce sur quoi le temps s'est acharné , un parfum qui ne console rien : ni de vieillir ni de devoir mourir un jour .

Peut-être est-ce en automne , plus qu'au printemps , que les parfums sont les plus lourds , les plus épais , les plus présents .

 

 

 

L'automne , c'est surtout  la saison des marches en forêt , du parfum puissant des arbres , des fougères , et des champignons .

 

 

 

Rien ne sent meilleur qu'un panier de cèpes , sur un lit de mousse !

 

A seulement écrire ces mots , j'en ressens l'humidité profonde , vivante , charnue , et je devine celui qui montera de la poêle à peine chaude !

Je peux marcher des heures sans trouver la moindre girolle , à respirer les sous-bois .

 

 

 

Surtout s'il pleut .

Alors les parfums s'alourdissent , errent au ras du sol en vagues épaisses que les jambes soulèvent ,et pénètrent dans les poumons si profondément , si intensément , qu'ils portent à la suffocation.

mais cette suffocation n'est pas douloureuse , au contraire ! elle ouvre les tissus , les régénère , donne au corps l'impression de s'inscrire dans le monde végétal , d'en émerger soudain comme une plante .

Parfois s'y ajoute l'odeur d'écorce putréfiée , de vieille souche , de feuilles en décomposition .

Quand je sors de la forêt , l'air me paraît moins riche , appauvri , à peine respirable.

Alors je hisse mon panier vers mes narines pour prolonger le bonheur de la forêt perdue .

 

 

L'hiver fige les parfums , les vitrifie.

Ils n'errent plus aussi  facilement que pendant les saisons de verdure .

Seul celui des feuilles déchues  monte durant les après-midi, quand le gel a fondu .

Mais dans ce vide des sens , surgit brusquement l'odeur des cheminées , de la fumée du bois .

 

 

 

Quelque chose en moi se soulève , me transporte aussitôt vers le jadis , m'offrant la certitude que je connais cela depuis toujours , que le feu et le bois , venus de très loin , du fond des âges , prolongent une manière de vie essentielle , sacrée .

Le printemps réveille les parfums , mais pas avant le mois de mai.

Rarement en avril , sauf s'il ne fait pas froid.

C'est d'abord celui des mimosas , celui des fleurs des cerisiers sauvages  sur les chemins de rando , puis de l'herbe neuve , des premières  graminées , des jonquilles , enfin , celui des feuilles .

 

 

 

Et le parfum des blés ........

Lorsque je prends un de ces sentiers qui s'enfonce vers la plaine , leur parfum me guide au gré du vent .

 

 

 

Après les blés , celui des chaumes , chaud comme le pain , qui me parle d'étés interminables , de battages caniculaires , de paille et de grains , des balles en suspension dans un air épais  comme une soupe , de banquets sous les chênes , de rires  et de chants ....

Toute une époque ...

 

 

 

 

 

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V
tjrs aussi magnifique........en ce changement de saison, ou l'humeur est morose........en ville, j'envie tes promenades, ces senteurs que j'aime tant.............je m'évade, grâce à mon clavier !!!!!!!! c'est un peu pathétique !!!!! mais bon, c'est quand même du plaisir à te lire et regarder ces belles photosmerci bisous
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