Leur parfum de foin coupé m'a toujours bouleversée , et j'ai fait en sorte de ne jamais m'en éloigner , car c'est pour moi le vrai parfum du bonheur.
les jours sont longs et chauds , le ciel vert , strié d'hirondelles ,dort au coeur de l'été .
Elles passent et repassent en rondes folles au-dessus des maisons , dessinant des arabesques dont je me suis souvent demandé si elles ne possédaient pas un sens caché !
Le sens du monde , peut-être , ou de notre destin .
Elles s'en iront en automne , sans rien nous avoir révélé ;juste là pour souligner la lenteurs des jours , du foin criblé de sauterelles que l'on rentre dans les granges ,des nuits qui s'attardent au rivage des soirs .
Magie de ces soirs de juin , qui , en prolongeant indéfiniment les jours ,prolongent le temps en nous laissant l'impression que la nuit ne tombera jamais .
Divine caresse ,que l'on se contente de vivre ,en étant infiniment heureux , ou il suffit de se laisser glisser dans ses souvenirs pour retrouver le bonheur des soirs où a vie paraissait ne devoir jamais s'arrêter ...
Et quand , surveillés par des martinets fous de lumière , nous mangeons sur la terrasse , lentement , sans parler , nous écoutant respirer ,vivre dans la chaleur qui ne tombe pas , exaspérée qu'elle est par l'abscence du moindre souffle de vent .
Rien ne presse .
Les regards disent mieux que les mots combien le monde peut être fraternel ...
un accord vient d'être scellé .
A la fin du repas , nous restons longtemps immobiles , incapables du moindre geste , les yeux tournés vers les arbres du jardin , espérant voir une feuille bouger .
Moiteur de l'air , de la peau , et déjà l'odeur puissante de l'herbe qui monte : odeur poivrée , humide des que l'on s'étend à l'ombre ,comme baignée par la rosée des étoiles .
bonheur simple .
Les grillons se mettent à chanter ; l'air épais , accumulé pendant le jour , fraîchit lentement dans le petit vent de la nuit .
Les étoiles semblent si proches ...que j'ai envie de tendre la main vers elles .