Cheminer sans repos par des plaines arides et se meurtrir aux arêtes des versants et des cîmes ou encore braver les torrents des abîmes sans fond afin de conquérir l'Amour par démesure d'amour ....
Si on est encore capable de pleurer devant la beauté des choses , c'est le signe que rien , en nous , n'est tout à fait perdu .....
On ne peut monter au ciel que si on est descendu dans son âme ...
Nous sommes ensemble des pèlerins qui , à travers des pays inconnus , se dirigent vers leur patrie . Que pour vous maintenant et à jamais le jour se lève et les ombres s'enfuient ....
Sans franchir la porte on connaît l'univers. Sans regarder par la fenêtre on connaît la voie du ciel . Plus on va loin , moins on connaît . Le Saint connaît sans voyager , comprend sans regarder , accomplit sans agir ....
" Tu ne vas quand même pas passer ta vie dans l'adoration d'un brin d'herbe " , me disait celui qui passait sa vie dans l'adoration du monde où rien ne pousse , pas même un brin d'herbe ....
Avant toi , d'autres se sont mis en route . Comme eux sur le bâton ,appuie-toi sur l'expérience des anciens . L'exode jamais ne se fait seul , mais seul tu marcheras sur les chemins de ton propre coeur où le Tout-autre se révèlera ....
"Dieu " a crée un pays plein d'eau pour que les hommes puissent vivre et un pays sans eau pour que les hommes aient soif ; et il a crée un désert : un pays avec et sans eau pour que les hommes trouvent leur âme ....
Si l'on ne trouve pas surnaturel l'ordinaire , à quoi bon poursuivre ?
L'acte le plus difficile est celui que l'on croit le plus simple : percevoir d'un regard toujours en éveil les choses qui se présentent à nos yeux ...
Il y a de ces voyages qu'on dirait faits pour illustrer la vie même et qui peuvent servir de symboles à l'existence .... Prends tes godillots , ton sac à dos , lève-toi et va vers toi-même ... Tu viens ?
Nuages indécis excédé l'orage explose giboulées de mars ...
Un nuage blanc une curieuse girafe un souffle ...plus rien !
Branches en bourgeons le visage du printemps fronce les sourcils ...
Accroché au ciel comme un berceau d'étoiles croissant de lune ...
Gouttes de rosée en parure cristalline bijoux éphémères ...
Rafale de vent surpris l'arbre s'ébroue averse après la pluie ...
Nuit en pointillé au clair de lune une à une compter les étoiles ...
Un pétale de cerisier deux pétales je pense à toi ...
Côte à côte avec le moine zen le châton fait la sieste .
Sous un voile de lune ombre de fleur ombre de femme .
Même derrière les barreaux on peut souffler une bulle de savon .
Prend la clé des champs pour garnir sa ruche d'or butine l'abeille .
Goutte de rosée telle une perle posée brille à l'aurore .
Précoce , dans le cerisier en fleurs un rouge-gorge .