| Foret |
|
|
Il y a deux forets. Celle où résonneraient nos pas si le tapis de mousses , d'herbes fines ,et les feuilles pourrissantes ne les étouffaient pas .
Dont le couvert , tel le toit d'une très vieille chaumière , laisse passer en averses pimpantes les lumières du ciel .Et l'autre , qui plonge ses racines , ouvre ses ténèbres , au plus profond de notre imaginaire .
Où ne tombe que la pâle cascade des rayons de lune .
Quand le soir enclot dans la nuit le sage troupeau des arbres domestiques , qui , ne sent monter en lui d'anciennes terreurs ? et , ainsi qu'aux premiers jours , se sent comme un intrus ? et qui ne presse sa marche ? comme un coupable que hantent de vieux crimes et que poursuivent leurs cris .
Mais la désespérance n'est pas une humeur végétale .Et si le noir prête ses ombres à la mélancolie , l'espoir a les yeux verts .
Sur terre , tout passe et tout voyage .L'arbre vit immobile .La forêt sait se mettre en marche